DOSSIER : LES EVOLUTIONS TECHNOLOGIQUES AU SERVICE DE LA REDUCTION DU TEMPS DE TRAVAIL

mardi 28 mai 2019
par  Furyo
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La révolution numérique, la digitalisation de notre outil de travail, promettent des usines intelligentes, une organisation du travail intelligente, un management intelligent, des systèmes de production d’énergie intelligents, des infrastructures de transport intelligentes. Et, d’un autre côté, l’ouvrier, le salarié, le prestataire de services ne seraient plus que des exécutants de tâches décidées par des algorithmes.

Les enjeux de ces nouveaux modes d’organisation de l’entreprise sont énormes, en particulier en termes :

  • de surveillance, de contrôle, d’évaluation des performances des travailleurs,
  • de la fonction des salariés, qui ne maîtrisent pas les données et sont réduits à un rôle d’exécutants,
  • de normalisation d’une entreprise, voire d’une société, conduite par les data et l’efficience rationnelle,
  • d’utilisation des données personnelles : tout travailleur mais aussi tout citoyen produisent sans toujours sans s’en apercevoir, des millions d’octets d’informations, tous les jours via les e-mails, réseaux sociaux, historiques de navigation, moteurs de recherche, formulaires, mais aussi, via les caméras de surveillance, les puces électroniques… De plus en plus, nos documents privés et professionnels sont hébergés dans des clouds situés physiquement à des milliers de kilomètres.

Depuis toujours, l’industrie a évolué et elle a connu trois révolutions économiques : après les machines à vapeur au charbon au 18e siècle, le 19e siècle a connu l’électricité et le moteur à explosion, et enfin l’informatique au 20e siècle, avec l’arrivée d’Internet dans les années 90.

Depuis les années 2010, nous sommes arrivés dans l’industrie 4.0, plus connue sous le nom de « usine du futur ».

Tous ces concepts, ces évolutions, avec la vision capitaliste, ne visent qu’à développer de nouvelles organisations de production, pour fabriquer plus et plus vite, et dégager plus de marge et de profits. Si ces technologies réduisent les risques d’accidents, du fait que le salarié n’a plus à travailler à proximité directe de la machine, elles participent à la réduction des effectifs et à l’explosion de TMS (Troubles Musculo-Sequelettiques) et de RPS (Risques Psycho-Sociaux), du fait de l’intensification, de la déshumanisation du travail et de l’asservissement de l’homme par la machine.

Les impacts de la numérisation et de la digitalisation sont tout aussi, voire plus importants sur les activités support (paie, informatique, comptabilité), avec la mise en place de Centres de Services Partagés ou de GBS (Global Business Services), souvent externalisés dans des pays à bas coûts de main d’œuvre. L’enjeu est de savoir si nous pouvons maîtriser cette révolution numérique et orienter ces transformations dans le sens d’un progrès social, économique et environnemental pour tous. Cela commence par changer la donne du travail, revaloriser sa place dans la société et rendre responsables les patrons, notamment des multinationales, sur ces enjeux !

La vision capitaliste est à l’inverse de ce que devraient servir ces évolutions. La révolution numérique et la digitalisation de notre outil de travail doivent au contraire garantir, bien sur la qualité de nos produits, nos productions, la sécurité des installations, mais aussi, assurer le maintien, la création d’emplois dans nos industries.

Chaque révolution industrielle s’est toujours traduit par un accroissement de la productivité. En 40 ans, les gains de productivité ont augmenté de 80 %. Suivant l’étude de la DARES (Direction de l’Animation de la Recherche, des Etudes et des Statistiques) de janvier 2017, depuis 30 ans, les métiers les plus créateurs d’emplois relèvent tous des domaines du tertiaire mais ceux qui reculent des domaines agricoles, industriels et artisanaux. Les métiers du secteur de la Santé et de l’action sociale, culturelle et sportive ont le plus contribué à la croissance des métiers du tertiaire, avec plus de 1,35 millions d’emplois supplémentaires en trente ans. Les métiers du secteur des services aux particuliers, de l’informatique et des télécommunications ont également fortement progressé. A l’inverse, la plupart des métiers de l’industrie ont connu une baisse d’effectifs marquée et régulière, sous l’effet de l’automatisation des procédés et de la concurrence des pays à bas coûts de main d’œuvre. Le nombre de personnes occupant un métier industriel est ainsi passé de 4 010 000 à 3 184 000, ce qui représente un perte de 826 000 emplois sur la même période. Désormais, ces métiers ne représentent plus que 12 % de l’emploi contre 18 % il y a trente ans. Ceci nous démontre qu’il existe un vrai défi à relever, lié à la régularisation des richesses, dû entre autres au développement des nouvelles technologies numériques qui transforment nos métiers.

Nous ne pouvons pas nous opposer à l’amélioration de notre outil de travail, quand elle vise à améliorer nos conditions de travail, à réduire la pénibilité, mais ceci ne doit pas avoir pour conséquence une réduction d’effectif, mais un partage équitable du temps de travail.

Réduite la durée du travail, c’est rattraper les gains de productivité qui ont été transférés aux actionnaires sous forme de dividendes, multipliés par deux depuis la mise en place des 35 heures, et qui ne sont pas revenus au salariés, soit sous forme d’augmentation de salaire, soit sous forme de réduction du temps de travail. En 2017, rien que les entreprises du CAC 40, ont distribués 45 milliards d’euros de dividendes. Ces 45 Mds€ permettraient de créer 830 000 emplois avec un salaire de 4500€ (cotisations salariales et patronales comprises), soit 2500€ net. On touche à la racine du chômage de masse. Aller vers les 32 heures est donc bien une direction absolument cohérente contre le chômage.

Il est temps d’impulser un investissement dans l’appareil productif et repenser la redistribution des gains économiques, notamment par le partage du travail, en diminuant le temps de travail à 32 heures, et 28 heures par semaine pour les travailleurs postés, et arrêter le gaspillage de l’argent public, avec ces guichets de subventions, comme le Crédit Impôt Recherche, ou encore le CICE.

Source : Lien syndical de la Fédération CGT des Sociétés d’Etudes


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