OPP- Obsolescence Professionnelle Programmée

jeudi 7 février 2019
par  Marrychka
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Enfin !... Enfin un directeur qui n’a pas la langue de bois : « Investissement zéro pour Cherbourg. Ca n’a jamais été prévu, on ne vous apprend rien » O. Tarrit

Bien sûr, Cherbourg s’en doutait, on leur avait promis d’y développer le fameux centre de cyber-sécurité mondial que Nathalie-Kosciusko-Morizet a rejoint… aux USA. D’ailleurs Capgemini rachète en ce moment le groupe américain Leidos pour lui confier la division cyber sécurité de Capgemini.
Les voici donc frappés d’OPP (Obsolescence Professionnelle Programmée) à Cherbourg. Mais bien d’autres sites et leurs salariés en ont déjà fait les frais et d’autres encore suivront (Chambery, ex-Prosodie, ex-TF1...etc). Nous avons encore en tête les interventions de certains DS CFDT qui assuraient à qui voulaient l’entendre qu’il n’y avait aucune inquiétude à être racheté. Sans doute ont-ils déménagé puisqu’aujourd’hui, il ne subsiste plus que 6 salariés de leur entité sur leur site.

Comme autres exemples, voici un focus chez Capgemini DEMS (ex Sogeti-High-Tech = 3000 salariés en 2018) :
Nombre de démissions en augmentation constante depuis 4 ans : 2014 = 200 , 2018 = 450
Nombre de départs en retraite en 2018 = 2 , total des 3 dernières années = 12
Chiffre du turnover = 25% ( 1 personne sur 4 est remplacée chaque année )
Progression du offshore = 300% (l’offshore qui épargnait SHT passe de 3% à 10% des 3000 salariés en 2 ans)
Nombre de salariés à l’agence de Rennes = 3


Ouvrons les yeux : 300 salariés parmi les 22000 en France ou 180 000 dans le monde ça n’est même pas visible

Si historiquement vous n’êtes pas issu d’une société ayant été pompée par Capgemini alors vous avez échappé aux abjects bobards servis à tour de rôle par les membres de directions jurant la main sur le cœur que nous avions tous à y gagner d’aller rejoindre la belle entreprise Capgemini. Et puis une fois la signature apposée observer non pas que les rats ont quitté le navire, mais qu’ils l’ont bel et bien coulé !
La direction justifie les bons chiffres tantôt grâce au CICE (ce qu’on peut concevoir), tantôt grâce au remplacement de salariés expérimentés par des nouveaux bénéficiant de moins de congés d’ancienneté occasionnant donc plus de jours travaillés (ce qui peut agacer). Mais on sait également que la taille de l’enveloppe des augmentations de salaires est liée à la marge que l’entreprise doit dégager. Alors forcément, 1er réflexe : on freine tout => à part les objectifs. Ainsi s’explique l’affolant turnover.
Le but du management est de maintenir nos marges. Pour y arriver il faut régulièrement augmenter nos tarifs clients, faire du offshore et si par malheur les résultats n’atteignent pas au moins 11% de marge des mesures extrêmes sont à redouter.
Alors ? Problème économique ? Même pas ! Les comptes sont positifs mais vous savez, les cœurs sont capricieux. Nous parlons bien évidemment des cœurs de métiers, ceux qui changent de sujets comme on change de chemise. Capgemini gonfle en se nourrissant de tout acteur numérique du marché potentiellement absorbable. On prend le carnet de commandes, on prend le carnet de clients et on jette le reste. Structures, salariés, savoir-faire, implications, obéissance, corporatisme, compétences, bénéfices, foisonnements, investissements, originalités, tout ça partira avec l’eau du bain.
La stratégie n’est donc pas économique mais fondée sur une idéologie aveugle. Du bénéf ! Vite ! Tout de suite !
« L’érosion naturelle » comme la direction aime à définir son grand nettoyage n’est ni plus ni moins qu’un plan de licenciement détourné dont les petits sites sont appelés à faire les frais. Alors, au risque de s’exposer à des thérapies pour déprime psychologique, il serait malvenu de croire à la bienveillance de notre direction.



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