LE DROIT A LA DECONNEXION

Mardi 17 février 2015, par Furyo // L’actualité Sociale

Au lieu d’agiter des chiffons rouges en annonçant vouloir revenir sur les 35 heures ou généraliser le travail du dimanche, le gouvernement serait bien inspiré de s’intéresser au temps de travail qui ne cesse d’augmenter. Réduire effectivement le temps de travail est le meilleur moyen de lutter contre le chômage : ramener le temps de travail réel à 35h libèrerait l’équivalent de 2,7 millions d’emplois.

Halte au harcèlement numérique, pour un droit à la (dé)connexion !
L’usage intensif des TIC (Technologies de l’Information et de la Communication) induit une disponibilité permanente et sans limite et brouille la frontière entre vie professionnelle et vie privée.
Il s’agit d’une remise en cause du fondement du droit du travail qui garantit que le lien de subordination entre le salarié et l’employeur doit être temporaire et délimité dans le temps.

Nous demandons :

  • La mise en place d’une négociation obligatoire dans chaque entreprise sur l’utilisation des outils numériques, prévoyant notamment des plages de trêve de mails.
  • Le renforcement de la réglementation du télétravail

Halte au travail au noir, toute connexion mérite salaire !
Le travail réalisé à la maison ou dans les transports n’est en général ni reconnu ni comptabilisé, et dépasse très souvent les limites horaires imposées par la loi. Nous assistons donc à un mouvement d’explosion du travail dissimulé chez les ingénieurs, cadres et techniciens.

Nous demandons :

  • L’encadrement des forfaits jours pour mettre la France en conformité
    avec le droit européen et international
  • La rémunération ou la récupération de l’ensemble des heures de
    travail effectuées
  • Le travail de nuit ou le dimanche doit rester exceptionnel et faire
    l’objet de majoration
  • Le temps de transport effectué durant les déplacements professionnels doit être considéré comme du temps de travail. Plusieurs initiatives pionnières existent. Outre-Rhin, où le syndicat IG Metall a obtenu dans de nombreuses entreprises un encadrement des Tic, chez Bmw, avec le décompte de l’ensemble des heures effectuées, ou chez Volkswagen, avec la coupure des serveurs en dehors des heures d’ouverture de bureau. Plus près de nous, Réunica ou l’Apec ont, par accord collectif, interdit les réunions et les envois de courriels au-delà d’une certaine heure.