Accord AGIRC-ARRCO - Cadres, Femmes, jeunes diplomés et retraités - Tous perdants !

Mercredi 16 mars 2016, par Furyo // L’actualité Sociale

La CFE-CGC, la CFTC et la CFDT viennent de conclure avec le Medef un accord remettant en cause les conditions de départ en retraite, le niveau des futures pensions, la revalorisation et le montant des pensions liquidées ainsi que le statut cadre.

Si préjudiciable soit-il aux salariés et aux retraités, cet accord n’atteint pas l’objectif poursuivi : rétablir durablement l’équilibre financier des régimes ARRCO1 et AGIRC2. En 2020 un déficit de 2,3 milliards persistera pour se creuser à 4,1 milliards en 2030.

Au sein du salariat, les cadres, les femmes, les jeunes et les chômeurs sont ceux qui payeront dans l’immédiat le plus lourd tribut à la conclusion de cet accord.

Les signataires tentent de justifier ces reculs sociaux sans précédent en soutenant qu’ils sont inéluctables pour sauver de la faillite l’ARRCO et l’AGIRC. C’est faux, ainsi qu’ils en ont eux-mêmes convenus dans un communiqué de presse émanant des présidences paritaires de l’ARRCO et de l’AGIRC en date 18 décembre 2014 (cf. annexe 1).

L’ARRCO et l’AGIRC sont en effet des régimes par répartition. Ils sont financés par des cotisations sur salaire ce qui les met à l’abri de toute faillite : tant qu’il y a des salaires, il y a des retraites.

L’enjeu des négociations était donc de maintenir le niveau des pensions. Les signataires ont fait le choix inverse : celui de la baisse des futures pensions, du gel des retraites, voire de leur diminution à compter de 2019 conjugués avec le recul de l’âge effectif de départ en retraite.

Voici, en première analyse, dans le fichier joint, l’exposé des mesures adoptées et des alternatives toujours possibles : l’essentiel des dispositions ne prenant effet qu’à compter de 2019, le changement de cap reste d’actualité, grâce aux propositions de financement avancées par la CGT et son UGICT.

Les signataires tirent leur droit à signer des accords interprofessionnels engageant l’avenir de millions de citoyens des résultats qu’ils obtiennent lors des élections du comité d’entreprise et des délégués du personnel.
Il appartient donc aux salariés, et singulièrement aux ingénieurs, aux cadres et techniciens, victimes de la disparition programmée de l’AGIRC, à l’occasion de chaque élection professionnelle de tirer les conséquences de ces signatures et de soutenir les organisations syndicales qui se consacrent exclusivement à la défense de leurs intérêts, à l’intérieur de l’entreprise comme au plan interprofessionnel et national. Quant à l’abstention, elle renforce les organisations syndicales signataires de ces accords délétères.

Les salariés détiennent donc les clefs de l’avenir de leur système de protection sociale.