AUGMENTEZ NOS SALAIRES !

Dimanche 6 décembre 2015, par Manu // Négociation collective

 Pourquoi nous revendiquons 1000 euros pour tous les salariés

  • Les salariés ont généré 580M€ de bénéfices nets (après salaires, impôts, etc…)
  • Nous disons que cette richesse produite par les salariés doit nous revenir pour 1/3 donc 193M€ (Sarkozy en 2008 a admis que les profits générés par une entreprise doit être répartie selon les 3 tiers : 1/3 pour les salariés, 1/3 pour les actionnaires et 1/3 pour les investissements)
  • Le chiffre d’affaires en France est de 22% en 2014, nous revendiquons donc une enveloppe de 22% de 190 M€ soit 42,5M€.

 Vous trouvez que c’est trop demandé ?

  • Nous sommes 21 230 salariés dans l’UES Capgemini.
  • 1000 euros pour tous cela fait une enveloppe d’environ 21M€ soit une augmentation de 2% de la masse salariale
  • Pour un groupe qui est capable de jeter à la poubelle 181M€ juste pour faire monter le cours de l’action Capgemini, un groupe qui donne plus de 5M€ d’augmentation juste pour ses 20 plus hauts dirigeants, vous pensez que c’est abusé ?
  • Nous ne pensons pas, à la CGT, que ce soit trop pour les salariés sans qui il n’y aurait aucun profit !

 Les Négociations Annuelles Obligatoires (NAO) ont commencé.

Rien n’est négociable – La direction a déjà tout calculé, tout décidé !

Tant que les salariés accepteront cette situation, rien ne changera !

Alors à notre tour mettons la pression !

Exigeons tous ensemble que notre travail soit reconnu et payé à sa juste valeur !

Ce qu’il faut attendre de la Négociation Annuelle Obligatoire cette année…

 Vous avez dit négociation ?

La première chose à dire est qu’il faut arrêter d’appeler ces réunions « Négociations ». Sur 3 heures de réunion :

  • 2h45 sont consacrées à la présentation d’un document envoyé avant la séance, coût du travail, pyramide des âges, salaires moyens etc.
  • 15 min de présentation des propositions de la direction.
  • Les Organisations Syndicales sont priées d’envoyer par mail leurs revendications au terme de la réunion !

Où est la négociation ? Et visiblement c’est toujours pareil, quel que soit le sujet. Autant dire qu’aucune Organisation Syndicale ne peut se prévaloir d’avoir obtenu quoi que ce soit ou alors les choses se font entre deux portes ou bien dans des discussions de salon avec de petits arrangements entre amis mais là ne comptez pas sur la CGT pour verser là-dedans. Dans une période où les puissants nous expliquent bien volontiers que les accords d’entreprise sont préférables au code du travail, chacun peut percevoir ce que le futur promet…

 Cette année encore, les salariés n’auront que des miettes

Fort de ce constat voilà ce que la direction a décidé :

  • Une augmentation pour les non augmentés depuis au moins 2 ans
    • 350€ pour un SAT <= 38 040€
    • 200€ pour un 3840 < SAT >= 54 949€
    • un bonus de 150€ pour celles et ceux qui auraient été notées 3 et moins (et justifier l’existence des EDPs)
  • L’enveloppe est de 916 157 € très précisément (Pour tout Sogeti High Tech, cela va concerner 360 salariés dont 262 pour le bonus).
  • 200k€ pour le rattrapage des salaires des femmes
  • Revalorisation des primes de travail posté (1€ brut)
  • Revalorisation des primes pour travail décalé (1€ brut)

On peut que constater la faiblesse des enveloppes et noter la précision du nombre de salariés concernés…

900 000 euros c’est précisément le montant des économies réalisées en parquant les salariés de Sogeti High Tech Toulouse de 5 à 2 bâtiments… Ce sont donc les salariés qui financent…C’est quand même bien ficelé.

Ne comptez pas non plus sur les augmentations au copinage ou à la tête du client, augmentations pudiquement appelées « au mérite ».

Si vous n’êtes pas «  top performer » (1 ou 2 en notation) ou « key people » (« rôle ou des compétences majeurs / essentielles dans l’entreprise » selon la direction), vous n’aurez rien cette année.

 Selon la direction, augmenter les salaires mettra le groupe en péril !

Comme tout est décidé à l’avance, la CGT Capgemini a posé quelques questions à la direction, les réponses en disent long sur la financiarisation de notre groupe :

  • Qu’est-ce qui empêche de mettre l’enveloppe que nous demandons pour les salaires ? « cela mettra en péril la pérennité de l’entreprise » en faisant référence au textile et à la métallurgie.
  • Qu’est-ce qui empêche de mettre l’enveloppe préconisée de 6M€ par le rapport Sextant pour supprimer l’inégalité de salaire entre les femmes et les hommes d’autant que les femmes étant moins bien payées que les hommes sont donc plus rentables ? « Un accord a été signé nous n’irons pas au-delà, voyez avec les syndicats signataires !  »
  • Qu’a apporté à l’entreprise le rachat et la destruction de 181M€ d’actions ? La direction nous répond « qu’il s’agit d’une stratégie financière et que le cours de l’action qui monte est plus important que des augmentations de salaire  ». Au moins c’est dit…

 Mieux nous travaillons plus nous accélérons l’offshore

Les salariés sont donc condamnés à la stagnation de leur salaire. Pendant ce temps, le profit qu’ils génèrent sert à rémunérer grassement les actionnaires et les dirigeants ainsi qu’à financer les politiques de délocalisation du groupe. « C’est le sens de l’histoire ». Il est vrai que le Chiffre d’Affaires en France constituait encore 22% du Chiffres d’Affaire global, il est passé à 17% avec le rachat d’Igate (3/4 de l’activité en Inde).

En 2015, le groupe va atteindre la marge à deux chiffres, surperformant en France comme ailleurs. L’objectif à très court terme est d’atteindre les 15%.

Sauf à augmenter les prix de vente, ne rêvez pas les salaires n’augmenterons pas.

Mais le fruit de nos efforts va permettre à la direction d’accélérer son « développement externe » et avant qu’on s’en aperçoive, elle nous dira que le marché français est marginal…

C’est sans doute pour cela que notre directeur général a été élu récemment patron de l’année et que sa rémunération augmente elle aussi à deux chiffres : son groupe, sans outils productif, donc sans aucune dépense, dégage des millions de bénéfice qui partent aux actionnaires et aux dirigeants. Ses salariés muselés ne s’aperçoivent même pas qu’ils sont exploités avant d’être mis dehors passé 35 ans. Pour un patron « de gauche », cette répartition des richesses n’a rien à envier à ses collègues les plus libéraux.

On peut accepter cette situation et continuer à fermer les yeux. On peut aussi s’en indigner et mieux encore résister !

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